One Health : de l’idée à la méthode, Montpellier contribue au premier cadre français

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Comment passer d’un principe partagé à des actions concrètes ? C’est tout l’enjeu de l’AFNOR Spec One Health publiée le 13 octobre 2026. Fruit d’une large concertation nationale, réunissant 33 organisations sous le pilotage technique de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), elle propose une méthode commune pour intégrer les différentes dimensions de la santé dans les projets et les décisions. MedVallée et des scientifiques montpelliérains ont contribué à son élaboration.

Les crises sanitaires et climatiques récentes ont mis en évidence les interactions entre la santé humaine, la santé animale et l'environnement. C’est précisément ce que recouvre l’approche One Health, ou Une seule santé, initiée par l’OMS et désormais reconnue à l’échelle internationale. Si le concept est clairement défini, sa mise en œuvre reste encore très variable selon les organisations. Certaines ont déjà engagé des actions, d’autres cherchent à aller plus loin dans leur démarche RSE ou à mieux faire connaître leurs initiatives. Toutes peuvent désormais s’appuyer sur un cadre commun pour structurer leurs process, progresser et donner davantage de lisibilité à leurs initiatives.

Un cadre commun pour passer à l’action

L’AFNOR Spec One Health propose ainsi un référentiel et des repères méthodologiques partagés pour favoriser les synergies entre les acteurs. Il ne s’agit ni d’une norme homologuée ni d’une obligation, mais d’un document de référence proposant des lignes directrices et un cadre de conduite général. Une première étape pour harmoniser les pratiques et faciliter la mise en œuvre de l’approche One Health.

 

« Cela va permettre de travailler de manière plus transversale avec une vision plus systémique », précise Aurélie Thiébaud, coordinatrice normalisation Une seule santé à l’AFNOR

Concrètement, la méthode invite les organisations à identifier les impacts positifs et négatifs de leurs activités sur les différentes santés, à anticiper les risques et opportunités, puis intégrer cette analyse dans leur gouvernance et leur planification. L’objectif est de ne plus traiter séparément des enjeux qui sont, par nature, interdépendants.

Pour construire ce socle commun, l’AFNOR a réuni pendant sept mois, de janvier à juillet 2026, 33 acteurs issus de la recherche, des collectivités, des fédérations professionnelles, des organisations environnementales et de l’État. Pilotée techniquement par l’Anses, cette démarche de co-construction a permis de croiser des regards et des expertises complémentaires pour faire émerger un premier consensus français.

Montpellier, partie prenante de la démarche

Cette construction collective trouve un écho particulier à Montpellier, où la Mission MedVallée, l’Observatoire montpelliérain en écologie et évolution de la santé (OMEES) œuvrant depuis 2023 sur son axe « ville et territoire démonstratifs en santé globale », et plusieurs scientifiques montpelliérains ont pris part aux travaux. Cette implication s’inscrit dans une démarche locale déjà engagée pour rapprocher trois domaines complémentaires que sont la santé, l’alimentation-agriculture-agronomie et l’environnement. Une approche qui rejoint pleinement les principes de One Health autour du décloisonnement des disciplines.

Pour les entreprises, collectivités et acteurs scientifiques du territoire, l’AFNOR Spec One Health constitue ainsi un nouveau point d’appui pour structurer leurs actions et intégrer cette vision globale dans leurs décisions.

La publication ouvre désormais une phase de retour d’expérience jusqu’au 31 décembre 2026. L’AFNOR recueillera les usages et les besoins exprimés par les organisations qui s’empareront du document, avant d’évaluer l’opportunité d’un prolongement à l’échelle européenne ou internationale.

Une démarche à laquelle Montpellier a contribué, et dont le territoire peut désormais aussi s’emparer.

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